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May 10 Salles -fin du voyage - 10/05/09 C'est avec beaucoup d'émotion, que nous retrouvons nos amis cyclistes de Nanteuil et de St Maixent venus à notre rencontre pour nous accompagner sur les derniers kilomètres, jusqu'à Salles où nous attendent les Salladins qui nous ont souhaité bon voyage le 10 septembre 2006. En effet, par le plus heureux des hasards, nous terminons notre périple, là où nous l'avons commencé exactement 32 mois après, et nos amis sont là, fidèles dans leur amitié, pour nous accueillir.
Aujourd'hui, notre merveilleux voyage à vélo se termine dans cette petite commune des Deux-Sèvres chère à notre coeur. Au cours de ces 968 jours nous avons visité 20 pays africains du nord à l'extrême pointe sud de l'Afrique.
Pour les amateurs de statistiques, nous avons parcouru 37 227 kms, usé 6 chaînes, 4 pneus, 2 jantes, 2 rayons, 3 paires de patins de freins, une selle et 46 crevaisons ont été bouchées par autant de rustines. Michel a rempli 8 cahiers de 100 pages pour notre journal de bord et nous avons en reserve environ 2 000 photos.
Nous avons découvert chaque pays sans à-priori, essayant de les regarder avec un regard neuf à chaque fois, tant pour les gens que les paysages, et même si ces derniers nous ont souvent enthousiasmé, les rencontres ont été les moments les plus forts de notre voyage et resterons à jamais gravés au fond de nos coeurs. April 16 16 - 04 - 2009- Brassac - France Nous voici dans notre douce France depuis quelques temps déjà, puisque nous avons passé la frontière le 2 avril. Bien que nous soyons comblés de notre voyage, c'est bon de voir le panneau "France". Avant de quitter l'Italie, une rencontre bien sympathique avec Age Smith. Mi-Anglais, mi-Papou, il part en vélo saluer sa famille en Papouasie. Autant dire qu'il n'est pas arrivé de si tôt ! Il a 29 ans et toute la vie devant lui.Pour financer son voyage, il travaille de ci, de là. Nous lui souhaitons bonne chance et aussi bon courage pour trainer son équipage (remorque plus vélo = 80 kg). En longeant la mer par la voie Aurélia, on suppose que celle-ci est plate comme la "grande bleue". Il n'en est rien. Nous la trouvons très agréable lorsqu'elle serpente dans les vallées, mais elle ne peut s'empêcher d'aller saluer tous les petits villages perchés au sommet des collines. Et là, nous l'aimons un peu moins, surtout Michelle. Nos impressions sur l'Italie : - Les Italiens sont très agréables lorsqu'on leur demande un renseignement, et qu'ils sont piétons, mais excécrables lorsqu'ils ont un volant entre les mains. - Les Italiens (à part les SERVAS et quelques exceptions), ne sont pas très hospitaliers pour les voyageurs de notre genre (par peur paraît-il). - La route que nous avons empruntée longeant toute la Tirennéo, est superbe. Pour bien l'apprécier, il faudrait être moins chargés que nous, et surtout au printemps lorsqu'il ne fait pas trop chaud et qu'il ne pleut pas. Dans les campagnes, le revêtement est très bon, dans les villes c'est l'horreur avec toutes les saignées mal rebouchées et les pavés disjoints. La ville la plus affreuse pour les cyclistes : Naples, tant par l'irresponsabilité des conducteurs que la qualité de ses rues. Nous traversons la Provence sous le soleil, avec un petit tour en Camargue. Tous les jours c'est une belle ballade au milieu des vignes, avec parfois des rencontres étonnantes. A Aix, ce sont 2 jeunes Savoyards, Noé et Maël, qui descendent le Rhône en kayak de mer en complète autonomie. Michel en profite pour faire un petit tour sur le Rhône avec Noé. Superbe sentation de glisse au ras des flots sur cette superbe embarcation de 5m de long.Pour un peu il changerait de monture ! A Sète, c'est toute une famille de Tchèques, voyageant à vélo, le père avec son fils de 9 ans sur un tandem auquel est accrochée une remorque, la mère sur un autre tandem avec sa fille 7 ans tirant une remorque dans laquelle est la benjamine de 2ans, enfin fermant la marche, le fils ainé de 12 ans sur son propre VTT. Suite de notre programme : visite de nos enfants et petits-enfants en Ariège et Gironde, avant la remontée sur le Poitou où nous terminerons notre périple là où nous l'avons commencé. March 23 23-03-09 - Italie - Grossetto Nous remontons l'Italie à notre rythme, et surtout, au gré du temps (beau ou mauvais), et des hébergements Servas. Nous traversons des villes célèbres pour différentes raisons : Messine et son terrible trenblement de terre, Paestrum, où les temples grecs attendaient notre visite depuis 2600 ans ! Naples et ses mafiosis(pas vus), par contre, nos fessiers se souviendront longtemps de ses rues pavées en fort mauvais état. Pompei, impressionnants les 12 hectares mis à jour sur les 66 enfouis sous les cendres du Vésuve. Son lupanar, avec ses fresques très suggestives en parfait état, est certainement l'endroit le plus visité, mais décence oblige, vous ne verrez pas les photos sur le blog. Rome, la ville éternelle, où il faudrait " quatre z'yeux et deux appareils photos". Deux rencontres étonnantes sur notre parcours, d'abord, Danilo, un jeune Brésilien parti pour un tour du monde à vélo, il en termine avec l'Europe où son père l'accompagne, à vélo également. Nous avons mille questions à nous poser, mais nos chemins se croisent, et sous une pluie battante, au bord de la route, nous faisons rapidement une photo souvenir. Plus étonnante, la rencontre de Joel Buton, Vendéen de Beaulieu sous la Roche, parti en 1999 pour un tour d'Europe à pied, en poussant un chariot fabication maison, à trois roues, pesant lors de notre rencontre au moins 300 kg. Il a déjà parcouru 24 pays, il ne lui reste plus que l'Espagne et le Portugal. Il pense rentrer en France dans 2 ans. Son but : l'abolition des mines anti-personnelles. Il a recueilli près de 10 000 signatures dont beaucoup de personalités (maires de grandes villes etc ..) Bonne chance à toi Joel ! Si vous voulez en savoir plus, tapez Joel Buton. March 04 Italie - Messine - 04-03-2009 Sans avoir de comptes à régler, bien au contraire, nous voulons etre honnete avec la Tunisie, nous apportons ici, un complément d'information délicat à passer sur le blog dans ce pays très policé, où il faut donner son numéro de passeport dans les cybers, où les gens qui recoivent chez eux des étrangers doivent les déclarer à la police, où couper, meme, un de ses propres oliviers sans autorisation est passible d'une amende de 400 Dinards, soit à peu près le double du mois de salaire d'un ouvrier.
Ce pays a 2 visages : l'un pour les touristes, l'autre pour les Tunisiens. Si pour les premiers, c'est un endroit idyllique pour les vacances, pour les autres, ce n'est pas le cas. Il ne fait pas bon avoir la barbe un peu trop longue nous confie Ahmed en buvant le thé. Dans mon village, il y a des gens qui sont en prison pour cela depuis 2 ans. Avec 30 à 35 pour cent de chomage, les jeunes sont démoralisés. Amana, qui a réussi 0 trouver du travail dans la fonction publique, nous dit qu'il vaut mieux etre fonctionnaire, mais qu'il faut travailler très dur pendant ses études pour y arriver. Contrairement à la France, Le salaire est trente pour cent supérieur au privé où la sécurité de l'emploi est inexsitante.
Depuis 1956, cet état en est à son deuxième président, élu la dernière fois à 99 pour cent (dixit le Lonely Planet). Beaucoup de Tunisiens avec qui nous avons discuté, ne veulent meme pas aller voter en 2009, tant ils sont surs du résultat.
L'entrée où la sortie d'un pays africain sont toujours des moments délicats. Pour embarquer sur le ferry de Tunis à Palerme, tous les bagages sont passés aux rayons X. Michel est inquiet, il n'a pas vidéles bouteilles d'essence pour notre réchaud, n'étant pas prèvenu. Nous espérons, vu notre condition de cyclo-voyageurs, échapper au controle. Cela est déjà arrivé une fois, mais c'était à Madagascar. Peine perdue, Nous ne sommes plus dans la meme Afrique. Ce qui devait arriver arrive, le policier fait ouvrir le sac où sont les matelas et les duvets. Dans un premier temps, Michel se demande ce qu'il a bien pu voir. Obnubilé par l'essence, il oublie la machette (pour nous symbole de l'Afrique) achetée à Abidjan. Hors de question de monter à bord avec. Raison invoquée : la sécurité des voyageurs. C'est d'autant plus stupide, que vélos et bagages sont stockés en soute, avec l'impossibilité d'y accéder et que, nous sommes passés sous les portiques de détection, nos vélos en acier à la main. Le commissaire, très suffisant de lui-meme, nous affirme, que pas un seul objet dangereux n'échappe au controle, alors qu'il n'a pas vu nos 2 couteaux de poche et surtout, le couteau taihlandais de plus de 30 cm que notre fils Denis nous a offert et que nous avons emporté pour notre voyage. Tout fini par s'arranger, le commandant de bord accepte de prendre la machette et nous la restitue 10 h plus tard.
A Palerme, nous renouons avec les SERVAS. Merci Maria pour ton accueil, et ... ta douche. A part les SERVAS, les Siciliens sont très froids, il faut demander de nombreuses fois avant de pouvoir mettre la tente chez l'habitant, et encore ... Si toute l'Italie nous reçoit de cette façon, notre séjour en ce pays s'en trouvera grandement amoindri. Les Italiens (mais de cela on s'en doutait) roulent au mépris du code de la route. Quel choc pour nous, après la douce quiétude vélocipèdique tunisienne.
Contrairement à ce que pensent les gens qui ne pratiquent pas le vélo, les routes bordant la mer, ne sont pas forcément plates (surtout en Sicile). Pour preuve, ce "raidar" d'un kilomètre à 15 pour cent de moyenne (altimètre et compteur en main), que Michel a escaladé 2 fois, la première avec les sacoches, la deuxième, sans, pour récupérer notre théière oubliée en bas de la cote, avec une pensée pour Bernard Ollivier qui, dans sa longue marche à pied sur la route de la soie, est retourné 5 km en arrière, pour récupérer son chapeau resté sur une borne lors de sa pose matinale.
February 23 Tunisie - Nabeul- 23-02-2009 Dans quelques jours nous quitterons l'Afrique. Ce continent a été à la hauteur de nos espérances, nous avons été au bout de notre rêve. Des paysages extraordinaires, et surtout des rencontres qui resterons à jamais gravées dans nos coeurs, si parfois nous avons souffert phisiquement (huit palus à nous deux) sans parler de l'horreur des pistes des pays équatoriaux, les Africains, par leur chaleur humaine, leur disponibilité, nous ont fait oublier ces moments difficiles. Si nous devions donner une note aux 20 pays que nous avons visité, tous auraient largement la moyenne à l'exception du Cameroun où l'accueil n'est pas à la hauteur des pays voisins. C'est le seul pays où un jeune homme nous a demandé de l'argent pour nous indiquer la route, où, lors d'une halte dans un petit village on a envoyé Michel au puit tirer de l'eau pour nous et pour toute la famille chez qui nous avions planté la tente, le seul pays où l'on s'est fait insulter gratuitement et enfin le seul pays où nous avons été victimes de la corruption et de la cupidité des fonctionnaires.
Par contre nous déclarons ici, solenellement, la Tunisie "maillot jaune" et "championne d'Afrique" toutes catégories confondues, pour la gentillesse et l'hospitalité de ses habitants. Quel bien-être de ne plus se sentir agressés par les automobilistes que nous trouvons très raisonnables, bien plus qu'en France. Quel bonheur de ne plus être sollicités toute la journée (toubab cadeau, toubab argent), ici avec nos petits drapeaux français, c'est : vive la France, bonjour la France. Si vous venez en Tunisie, ne restez pas entre l'hôtel et la plage, allez à la rencontre des gens dans les petits marchés, ou boire le thé avec eux à la terrasse des cafés, vous ne serez pas déçus. Si vous demandez du cidre, ne vous attendez pas à voir le liquide jaune ambré de Normandie, mais une boisson gazeuse ressemblant au Coca avec un goût banane-pomme, pourtant c'est marqué "cidre" sur l'étiquette.
Nous venons de passer 5 semaines en Tunisie, nous y avons eu très froid, de mémoire de tunisien, cela fait au moins 30 ans qu'il n'a pas fait aussi froid en février, pourtant les portes des magasins et des cafés sont toujours grandes ouvertes, et les terrasses de ces derniers garnies de consommateurs. Lorsque nous buvons notre thé, nous choisissons une terrassse au soleil, eux, non, malgré un thermomètre oscillant autour des 10-15° à l'ombre. Dans notre parcours en ce pays, Eole nous a joué 2 sales tours : lorsque nous descendions vers le sud, il soufflait du sud, et lorsque nous remontions vers Tunis, il soufflait du nord. Dans la moyenne montagne autour de Matmata (la région des troglodites), sur des pentes entre 5 et 10 %, des rafales tourbillonnantes d'une violence démentielle nous ont obligé à poser souvent le pied à terre, l'une d'elle a carrément arraché le vélo des mains de Michel. Dans un col, Michel, avec des tendeurs, a du remorquer sa Michelle qui était littéralement clouée sur place. Rien n'est plus déprimant, ceux qui font du vélo nous comprendrons mieux) que de pédaler à 12 - 13 km/h dans une descente à plus de 5% sous peine de s'arrèter.
Toutes ces mésaventures sont très vite oubliées par la chaleur de l'accueil des autochtones. Toujours le même rituel, à peine descendus de vélo, on nous sert le pain et l'huile d'olive, puis le thé devant le brasero, enfouis sous "2 tonnes" de couvertures, avant le repas du soir qui sera invariablement 2 jours sur 3 du couscous, à toutes les viandes, même celle de chameau. Nous faisons vraiment partie de la famille, d'ailleurs on nous accueille en ces termes : Vous êtes ici chez vous, tu es mon frère, tu es ma soeur. Nous le ressentons d'autant plus fortement lors de la nuit passée en commun dans le salon, chacun sur son matelas. Au départ, le lendemain, 2 bises sonores. Prenez bien soin de vous, que Dieu vous garde, lorsque vous reviendrez en Tunisie, il faudra revenir chez nous, sont les paroles d'adieu.
Une petite annonce pour terminer : Si vous disposez de 35 000 Euros pour acheter 50 chamelles, notre ami Mohsen, vous offre 50 ha en bordure d'un petit lac à l'abri des montagnes, plus un terrain pour construire votre maison. Rapport assuré, si vous êtes intéressé, dîtes-le nous, nous ferons suivre. |
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